La préparation des piluliers

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Plan de réflexion autour des préparations de piluliers :
Travaillant de nuit depuis un moment en moyen séjour gérontologique, une de mes missions consiste préparer les piluliers du lendemain. Tâche qui me tiens à coeur de bien faire pour éviter de faire faire à mes collègues les incessants allers-retours à la pharmacie du service pour rectifier mon travail, ce qui énerve beaucoup à force. L'erreur est humaine, la nuit est une période où la vigilance est réduite  par moment, et il me faut lutter contre les erreurs. Celle-ci peut induire celle de ma collègue qui, pris entre plusieurs priorités au même moment, peut être moins attentive et donner sans contrôle approfondi des médicaments de la case à dispenser. Notre système de prescription se base sur Osiris de Corwin, un logiciel de gestion du dossier médical et de soins, donc des prescriptions médicamenteuses. Par souci de sécurité, nous continuons à éditer des éditions papier des feuilles de traitement à chaque prescription (synthèse des prescriptions médicales en cas de black-out informatique) qui nous permettent de préparer nos piluliers. Ces feuilles précisent pour un médicament la date de début de traitement, le nom du médicament, les cases horaires classiques (8h,10h, 12h, 16h, 18h & 21h) et les non classiques avec la posologie par horaire, les jours de dispensation L, M, W (pour mercredi), J, V, S & D. Voir les cycles réguliers Jours pairs ou impairs, tous les X jours... et la date de fin de cette prescription ou pas. Toutes ces informations plus ou moins complexes à gérer quand à la réalité ou pas de l'administration du lendemain m'ont obligé à zapper cette réflexion intense sur le quoi et le quand qui oblige à une concentration assez incompatible avec le travail de nuit, la capacité de calcul d'un infirmier comme moi et des dérangements nombreux parfois. Je suis un adepte du travail sur Excel (ou Open Office Calc) et j'ai conçu un fichier d'exportation de la validation des soins du lendemain qui me donne la possibilité de voir ce que les infirmières du lendemain auront à valider. Par copier/coller de cette validation en fichier Excel, j'introduis cette liste dans un tableur nommé OsirisMedicaments-AAAA-MM-DD.xlt et je peux transformer, patient par patient, la liste qui dira ce qui se fait à chaque horaire, en triant de A à Z la zone B à AA des médicaments du patient en faisant "CTRL" & "t": Ceci va me donner la liste des médicaments les uns après les autres avec les différentes posologies horaires de prise. Chaque horaire du pilulier sera visualisé par un code couleur Matin = Poso en jaune et médicament en jaune, Midi = Poso en blanc et médicament en jaune, Soir = Poso en bleu et médicament en bleu, et Nuit(21h) = Poso en blanc et médicament en bleu. Les couleurs jaune pour soleil et bleu pour nuit sont simple à réfléchir, quasi intuitives, et me permettent de savoir la case du piluliers à remplir, reste à lire la posologie et le médicament. Ensuite charge à moi de bien me servir dans la pharmacie et de bien mettre dans le pilulier. Le risque consiste parfois à agir par habitude (Doliprane = 2 gélules ou Kardégic = 12h par exemple). Corwin depuis 2016 a développé enfin un outil d'aide à la préparation des piluliers. qui offre le même service que mon fichier avec en plus une absence de perte de temps à transférer les données sur Excel et une explication sur les médicaments non codés (Médicaments non rentrés dans la base de données) et sur les remarques visibles aves la loupe concernant les condition d'administration. C'est un gros avantage. J'ai même testé son efficacité avec des étudiants infirmiers qui ont fait plusieurs nuits avec d'autres soignants qui eux utilisent les classeurs comme base de travail puis avec Osiris. L'absence de réflexion sur les dates de début et d'arrêt et sur les médicaments moins cycliques que tous les jours (1/2,1/3,1/7, 1/15 ou 1/90... ou tous les L, M, W , J, V, S & D). On ne peut pas avoir la capacité de calcul d'un PC. Merci Corwin ! Mon fichier me sert surtout de sauvegarde en cas de bug sur le serveur pedant la nuit. Dans ce cas, je peux récupérer mon fichier en local et poursuivre. Je ne veux pas avoir à effectuer la préparation des piluliers avec les classeurs sauf situation d'exception.
Une fois réglée la question de la lecture correcte des prescriptions, du choix du pilulier adapté à la prescription lue, la seule condition consiste à mettre un médicament qui sera contrôlable par mes collègues de matin ou du soir :
Le médicament doit comporter le nom du médicament (NDC ou nom du commerce), la ou les molécules (DCI ou dénomination commune internationale), la posologie, le nom du laboratoire, la date de péremption et le numéro de lot.

Je profite de cet instant pour remercier les laboratoires qui, nombreux, sont intelligents en précisant cela sur chaque dose et qui font en sorte que le relief, les couleurs et le contraste permettent de lire ces informations facilement notamment à la lumière des néons. Un grand merci à eux, ces laboratoires qui se disent que les infirmières n'ont pas la science infuse! Les autres qui se passent de cette individualisation des informations, du prédécoupage des doses, de la lisibilité des informations ne se sont jamais trouvé devant un médicament sans pouvoir dire ce qu'il est... Je profite de cet instant pour remercier mes collègues qui prennent le temps de découper les médicaments selon les pointillés et non dans les grandes largeurs. Je remercie aussi les collègues qui font en sorte que les informations à la plaquette reste le plus longtemps sur le plaquette de médicaments en découpant le nom du médicament au dernier moment et la date de péremption au dernier cachet.
Vraiment un grand merci à l'industrie pharmaceutique responsable et aidante! Et dire que certains souhaitent supprimer le gaspillage et l'automédicamtion en favorisant la dispensation à l'unité... Certains laboratoires sont loins, très loins de pouvoir l'organiser! La réponse de certaines équipes au regard de ce défaut d'information consiste à individualiser la plaquette et la mettre à côté du pilulier pour que le peu d'informations disponible reste présent tout au long de la plaquette (Donc, pas de mise en pilulier). Bonne idée qui m'est parvenue par les questionnaires car vos réponses sont autant de sources d'information et je vous en remercie.

Néanmoins, la découpe des cachets ou des sachets reste un moment qui nécessite une grande attention pour conserver l'intégrité des informations figurant sur le comprimé ou le sachet :
Pour faciliter la découpe aux ciseaux, la plicature des pointillés permet de faciliter la découpe quand elle ne permet pas de s'en passer. Cela offre une ligne identifiable à suivre aux ciseaux. Le plus difficile à couper est souvent le plastique qui résiste ou qui casse s'il est trop fragile. La plicature de toute plaquette, plastique vers plastique, puis de l'autre côté, permet très souvent de couper les médicaments sur les prédécoupages organisés par le laboratoire : On peut ainsi se passer d'outil pour découper une plaquette en unités.

Je me suis aperçu, avec l'expérience, de trucs très simple pour faire la découpe simple des médicaments :

- Le pliage préalable favorise la découpe

- Il y a différents type de plaquettes de médicaments et chacune a besoin d'une technique pour une découpe facilitée:
       *La plus fréquente est la plaquette plastique rigide avec film aluminium, toujours commencer par mettre les faces plastiques l'une contre l'autre puis côté aluminium l'un contre l'autre. Ce simple geste suffit parfois à faire une découpe sans outil.
         *La plaquette en plastique rigide avec papier cartonné : utiliser la même technique mais le résultat est moins évident
         *Le tout aluminium : Le pliage aide mais la découpe reste capricieuse au doigts. Il est souvent difficile de ne pas percer la membrane la plus fine, donc de modifier la conservation du médicament.
         *Le tout papier ou le tout plastique souple comme les sachets de laxatifs... est simple à couper avec pliage et découpe ciseaux ou à la main. Dans tous les cas cette technique nécessite une précision sous peine de voir le contenu poudre ou sirop se répandre sur votre plan de travail.
Plus ça va et moins je découpe aux ciseaux grâce à mon outil : Le Trancheur d'emballages de médicaments ou Tranch'_Embal'_Pharmacie. Bien souvent, le pliage est suffisant. Quand aux ciseaux, je les utilise la nuit pour mes autres usages (découpe de bandes ou de pansements).
Merci à ceux qui se seront intéressé à cette question un peu rasoir...
Le formulaire de contact est à la disposition de ceux qui veulent avoir d'autres informations ou me faire de leur avis ou leur expérience.


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